Généralités

L’ abdomen peut se retrouver abîmé à la suite de grossesses, de variations de poids ou d’interventions chirurgicales.

La grossesse entraîne une distension globale de la paroi abdominale. A terme, en fonction de la qualité des tissus, il peut persister un excès cutané avec vergetures, un excès graisseux, une distension de la sangle musculaire mais aussi un diastasis des muscles grands droits. Ces lésions sont aggravées par des gros bébés, des grossesses multiples, des grossesses gémellaires, une prise de poids importante et une mauvaise qualité des tissus.

 

Illustration d’un diastasis des muscles grands droits de l’abdomen – Docteur MamloukDiastasis de l'abdomen - docteur -Mamlouk

Les vergetures correspondent à de véritables fractures des fibres de collagène, et témoignent d’une distension cutanée au delà des capacités élastiques de la peau. Elles peuvent être de différentes couleurs et peuvent siéger en dessous ou au dessus de l’ombilic. A l’heure actuelle, il ne leur est pas connu de traitement efficace. Seules les vergetures situées sous l’ombilic peuvent être retirées au cours d’une plastie abdominale. Celles qui se trouvaient au dessus de l’ombilic voient leur aspect amélioré par la remise en tension cutanée.

L’excès cutané témoigne également d’une distension de la peau au delà de ses capacités élastiques et apparaît le plus souvent comme un « bourrelet » au dessus du pubis. Il est accessible à une plastie abdominale.

La distension de la sangle musculaire abdominale peut être corrigée par des exercices de musculation.

Le diastasis des muscles grands droits de l’abdomen correspond à un écart entre les 2 muscles. Ce diastasis est responsable de l’aspect de « gros ventre » caractéristique après une grossesse. Il ne répond pas aux exercices de musculation mais peut être corrigé au cours d’une plastie abdominale. Dans les rares cas où le diastasis est isolé ( c’est à dire sans excès cutané important), il peut être corrigé par technique endoscopique (à l’aide d’une caméra sous la peau et sans cicatrices).

Les variations de poids avec amaigrissement important laissent au niveau de la peau les mêmes lésions que la grossesse, avec parfois de véritables tabliers abdominaux. Il peut persister un excès graisseux et dans ce cas une lipoaspiration est systématiquement réalisée.

Les interventions chirurgicales antérieures peuvent avoir laissé des séquelles importantes telles que éventrations et cicatrices inesthétiques. Par ailleurs, il peut exister une hernie de la ligne blanche située le plus souvent au dessus du nombril (hernie épigastrique), une hernie ombilicale, ou une hernie inguinale ou crurale.

Objectifs

La plastie abdominale (ou lifting abdominal) est une intervention destinée à corriger les abdomens abîmés à la suite de grossesses, d’amaigrissement important ou d’interventions chirurgicales. Il existe de très nombreuses techniques : du mini-lift abdominal, à la plastie abdominale horizontale basse jusqu’à la plastie abdominale circulaire.

L’objectif final est d’obtenir un abdomen plat.

En fonction des lésions, il est réalisé une lipoaspiration, une correction d’un diastasis, une correction d’une éventration et une remise en tension de la peau abdominale. L’excès de peau est retiré au prix d’une cicatrice le plus souvent horizontale au dessus du pubis avec repositionnement du nombril.

Ces interventions sont destinées à des personnes non obèses, qui ont le plus souvent  terminées leurs grossesses. En cas d’excès de poids important, votre chirurgien vous demandera de réaliser un régime.

Modalités pratiques

Avant l’intervention, le chirurgien réalise un examen clinique soigneux . Des photographie médicales sont réalisées.

La plastie abdominale se fait au prix de cicatrice qui est le plus souvent longue, horizontale au dessus du pubis. Comme toute cicatrice, elle diminue avec le temps pour se stabiliser au bout d’un an environ, mais reste toujours visibles.

Dans certains cas, la cicatrice peut être en forme d’ancre de marine (plastie abdominale en T) avec en plus de la cicatrice horizontale, une cicatrice verticale entre le pubis et le nombril.

Dans les cas très importants, la cicatrice peut faire le tour de l’abdomen (body-lift).

L’intervention est réalisée sous anesthésie générale, dure entre 2 et 3 heures et nécessite 2 à 3jours d’hospitalisation. Elle nécessite la pose de drains qui sont retirés vers le 3ème jour.

L’intervention n’est pas très douloureuse sauf en cas de cure de diastasis.

Votre chirurgien vous revoit régulièrement en consultation pendant 1 an environ.La plastie abdominale

Les fils sont retirés vers le 15ème jour.

Il est nécessaire de porter une gaine abdominale sans armature  jour et nuit pendant 1  mois et demi.

Les efforts musculaires abdominaux sont interdits pendant 3 mois en cas de cure de diastasis.

Les grossesses et les variations de poids sont déconseillées après l’intervention dont elles risquent de détériorer le résultat.

Les cicatrices peuvent être de mauvaise qualité en fonction de votre cicatrisation.

Souvent, une lipoaspiration  est nécessaire 6 mois après, afin de parfaire le résultat.

Complications.

Comme tout acte chirurgical, la plastie abdominale peut s’accompagner d’un certain nombre de complications.

En choisissant un chirurgien plasticien qualifié et compétent, formé à ce type d’intervention, vous limitez au maximum ces risques, sans toutefois les supprimer complètement.

Complications liées à l’anesthésie.

Complications thrombo-emboliques : (phlébite, embolie pulmonaire), bien que globalement assez rares après ce type d’intervention, elles sont parmi les plus redoutables. Des mesures préventives rigoureuses en minimisent l’incidence : port de bas anti-thrombose, lever précoce et traitement anti-coagulant.

Hématome : malgré toutes les précautions prises, un hématome peut rarement survenir et peut  nécessiter une intervention rapide. Exceptionnellement, une transfusion peut être nécessaire en cas de perte de sang importante. En cas d’hématome de faible volume, une simple surveillance est possible, et le plus souvent tout rentre dans l’ordre au bout d’ un mois et demi.

Infection : malgré toutes les précautions prises, une infection peut exceptionnellement survenir. Elle peut nécessiter une intervention et la prise d’antibiotiques.

Cicatrices : malgré tout le soin porté à la réalisation des cicatrices, celles-ci peuvent être chéloïdiennes, hypertrophiques, élargies. Leur aspect n’est définitif qu’après 1 an et demi environ.  Elles peuvent nécessiter des actes particuliers (massages, plaques de silicone, injection de corticoïdes…) et parfois une retouche chirurgicale.

Nécrose cutanée : malgré une technique soigneuse, une nécrose localisée de la peau peut survenir. Cette complication rare est augmentée chez les patientes tabagiques. Afin de diminuer les risques, votre chirurgien vous demandere d’arrêter la prise de tabac au moins 1 mois avant l’intervention.

Résultat non satisfaisant : malgré tout le soin porté à la réalisation de l’intervention, il peut exister une petite asymétrie de la cicatrice, des « oreilles aux extrémités » ce qui peut nécessiter une retouche sous anesthésie locale.

Au final, il s’agit très probablement de l’intervention qui donne le plus de satisfaction au niveau de la silhouette mais au prix de cicatrices inévitables.

Les vraies complications sont rares.

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